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Changements climatiques et biodiversité

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Pour ceux qui se poseraient la question, les deux derniers hivers très froids que nous avons connu ne remettent pas en cause le phénomène des changements climatiques! En fait, le mois de février 2015 a été le deuxième mois de février le plus chaud sur la planète depuis le début des relevés de températures en 1880. Cependant, il faut retenir qu’on parle ici de température moyenne à la surface du globe. Il est normal que certaines régions vivent des épisodes au-dessus des normales alors que d’autres sont en dessous, en raison de la variabilité naturelle du climat. Les scientifiques avancent l’hypothèse suivante pour expliquer ces froids intenses que nous avons vécus. Habituellement, un courant d’air en altitude, appelé Jet Stream, circule autour de la terre. Il sépare l’air frigorifié des régions polaires de celui, plus tempéré, des régions habitées. On pourrait dire qu’il s’agit de l’équivalent du courant du Gulf Stream, mais en courant aérien. Comme l’Arctique se réchauffe plus vite, le gradient de température du pôle vers l’équateur diminue, alors les vents dominants qui maintiennent normalement l’air polaire au nord deviennent moins forts. Le résultat : le Jet Stream devient moins solide, les méandres de ces vents deviennent plus libres et plus larges, ce qui permet notamment à plus d’air polaire de descendre vers le sud, au centre du continent. Quant à savoir si cette tendance va se maintenir à long terme, les scientifiques ne peuvent pas encore l’affirmer…Vous comprendrez que l’étude du climat est un phénomène très complexe où interagissent plusieurs facteurs!

Climat et migrations des espèces au Québec

Une étude très intéressante menée par une équipe de scientifiques, de gestionnaires de la faune et d’associations de naturalistes a permis d’établir un pronostic sur ce qui attend la biodiversité du Québec face aux changements climatiques. À travers le projet CC-Bio, des spécialistes ont établi la niche écologique de 765 espèces du Québec. Par niche écologique, on entend le territoire dans lequel chacun trouve les conditions favorables à son épanouissement (climat, alimentation, etc.). Ils ont ensuite combiné ces données aux diverses hypothèses et scénarios sur les changements climatiques pour évaluer comment les niches écologiques se déplaceront. Avec la hausse des températures, les niches écologiques se déplaceront vers le nord à une vitesse de 45 km par décennie! La majorité des espèces devront se déplacer vers le nord pour survivre, là où les conditions leur seront favorables et on constate qu’elles devront le faire rapidement! Il ne faut pas pour autant penser qu’on retrouvera dans notre région les mêmes espèces animales et végétales qui se trouvent au sud du Québec! Toutes les espèces ne pourront pas suivre de la même manière le déplacement de leur niche écologique. Les oiseaux, les insectes et les papillons, par exemple, peuvent migrer au nord, mais quand on pense aux plantes et aux arbres, évidemment, ils prendront plus de temps pour s’établir plus au nord. Citons comme exemple, l’iris versicolore, emblème du Québec. Sa niche écologique devrait atteindre la taïga à la fin du 21e siècle, mais disparaitra des basses terres du Saint-Laurent. La salamandre tigrée, quant à elle, est une espèce absente actuellement au Québec, mais répandue aux États-Unis et au centre du Canada. On pourrait en voir dans notre province durant le prochain siècle!

Cette nouvelle répartition des espèces aura des répercussions majeures sur les écosystèmes, autant négatives que positives. Par exemple, on verra l’arrivée de nouvelles espèces indésirables comme la tique, par exemple, qui transmet la maladie de Lyme. Par ailleurs, l’allongement des saisons de croissance aura des effets bénéfiques pour l’agriculture dans certaines régions.

Voici quelques chiffres sur les changements attendus, sur les 765 espèces étudiées par les chercheurs :

  • 128 espèces, venues du sud du Québec, pourraient s’implanter dans la province;
  • 229 pourraient voir leur niche écologique s’agrandir;
  • 383 pourraient voir leur niche écologique se déplacer;
  • 25 pourraient disparaître du Québec méridional (au sud du 53e parallèle, soit environ la latitude de Fermont).

La nature est constante redéfinition ce qui pose un défi quant à sa protection et son exploitation durable, d’où l’importance de bien connaître ces phénomènes et de mettre en place une gestion adaptative de la nature. On suggère comme mesure d’atténuation principale de renforcer les corridors verts ou écologiques de manière à permettre le mouvement des espèces entre les différents habitats qui leur sont favorables. On veut ainsi éviter que les îlots d’habitats soient trop fragmentés et déconnectés entre eux.

Sources : www.lactualite.com   www.ici.radio-canada.ca   www.cc-bio.uqar.ca www.mddelcc.gouv.qc.ca   www.ouranos.ca    www.quebec.huffingtonpost.ca

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